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AVC: 15 jours plus tard

Quinze jours se sont écoulés depuis l'accident. Depuis 15 jours, je passe beaucoup de temps au téléphone, expliquant à toute la famille et aux amis ce qui s'est passé, et quelles sont les évolutions voire les améliorations quotidiennes. Dans un sens, le fait de parler à tout le monde de tout ça m'a grandement aidé à passer les moments les plus durs sans m'écrouler. Je fais de mon mieux, essayant de dissimuler mon inquiétude et mon angoisse en présentant tous les points positifs; d'une hémiplégie totale côté droit, on passe à une amélioration du contrôle des muscles du visage, quelques mouvements (légers) de la jambe, puis dans une moindre mesure, du bras. C'est très encourageant, me dit-on à l'hôpital. En outre, elle a une volonté et un moral de fer. Et c'est ce qui me touche le plus... La voir, comme ça, dans son état, avec toute cette force, cela me rempli d'admiration et de fierté.

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En fauteuil roulant

Mais ça ne m'empêche pas, tous les matins au réveil, de me demander pendant quelques secondes, si je suis en train de faire un cauchemar ou pas. Mais ce n'en est pas un. Enfin si, mais il est réel. Je lui ai demandé la semaine dernière comment elle avait pris son hémiplégie. Elle m'a répondu, le plus simplement du monde, avec un sourire et un zeste de fierté dans le regard: "Bien. Je savais que j'arriverais à faire bouger ma jambe, mon bras. Je le savais...". En tout cas, après 15 jours d'hospitalisation et d'examens en tout genre qui n'auront abouti à aucune certitude quant à l'origine de cet accident (comme dans 30% des cas pour les personnes de son âge), elle va quitter l'hôpital pour aller dans un centre de rééducation fonctionnelle.

C'est là-bas que va continuer la bataille. La longue et dure bataille pour retrouver un maximum de ses capacités, que ce soit le bras, la main, la jambe, l'élocution et l'expression. Je tâcherai d'être à ses côtés le plus possible pour l'aider, l'accompagner. Je sais que ma présence compte beaucoup pour elle. Elle me l'a dit. Et j'ai également besoin d'être à ses côtés, elle me transmet sa force, en quelque sorte. Elle sait aussi que tout le monde nous soutient, que l'on attend avec impatience mon courriel quasi quotidien sur les évolutions du jour. Elle a envie d'y arriver, de pouvoir rentrer à la maison. Elle l'a dit dès le début, dès que l'on a commencé à lui parler de centre de rééducation à l'hôpital: elle ne rentrera à la maison que lorsqu'elle sera autonome. Mais elle est peut-être trop impatiente, car tout ça va prendre du temps; en effet, il faut compter entre 6 mois et 1 an de rééducation. Mais rien ne dit qu'elle pourra tout récupérer. Heureusement que les enfants sont là. Ils m'ont vite rappelé les priorités, au début; ça remet dans le bain, tout de suite. Et pendant que je m'occupe d'eux, j'ai l'esprit occupé ailleurs, au moins temporairement, avant que l'un d'entre eux me demande d'aller voir sa maman au centre.