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Japon: 7 jours plus tard

Sept jours se sont écoulés depuis le séisme de magnitude 9 au large des côtes nord-est du Japon, juste en dessous de l'île d'Hokkaido. Je pense surtout au terrifiant tsunami, conséquence de la secousse sismique, qui a tout emporté sur son passage, sur des centaines de kilomètres de côtes, réduisant des villes entières en miettes. Outre les milliers de morts dont le nombre est réévalué régulièrement, des centaines de milliers de Japonais se retrouvent sans logement, sans eau, sans nourriture. En plein hiver. Bien que très bien organisés (l'efficacité à la Japonaise n'est pas une chimère), les secours mettent du temps à couvrir toute la zones dévastée, qui s'étale sur des centaines de kilomètres carrés. Pendant ce temps, les caméras du monde entier sont rivées sur Fukushima et sa centrale nucléaire.

Video sur Vimeo: 7 days of earthquakes in Japan

Les médias oublient la détresse des sinistrés dans cette partie du pays, en jouant à la sur-enchère et faisant des raccourcis à l'emporte pièce. On s'étonne que les Japonais ne pillent pas (comme si c'était normal de piller), et de les voir rester dignes, même quand le chaos s'abat sur eux. Et en plus, ils ne montrent pas leurs morts, au grand désespoir des TV. Heureusement, parmi toute cette bêtise journalistique, certains sortent du lot, comme cet article du monde.fr.

La peur (surtout du nucléaire) ça se vend très bien. Mieux que la détresse. Soudain, tout le monde est devenu expert en nucléaire (en toute impartialité, bien entendu !) et les journalistes, repliés le plus loin possible de Tokyo, à Sapporo ou à Osaka, et encore, quand ils ont pris la peine de se déplacer, parlent de situation de panique à Tokyo sans y avoir mis le pied. Et puis d'un seul coup, depuis ce matin, puisque la situation ne s'aggrave plus, le soufflet 'journalistique' est retombé aussitôt. On préfère parler de la Libye. Impossible de parler de deux événements en même temps; et on passe toujours sous silence la situation dramatique pour les réfugiés du nord du Japon, dans le Tohoku.

Japanese Red Cross

Par le passé, les Japonais se sont toujours relevés de tout ce qu'ils ont subi. Ils ont même supporté l'insupportable. Mais un petit coup de pouce ne leur ferait pas de mal, je pense. Pour ne pas les oublier et essayer de les aider à notre niveau, la meilleure solution pour l'instant est de faire un don; il sera toujours temps, quand le moment sera venu, d'y aller ou d'y retourner.

Pour les dons, ils peuvent être effectués soit directement à la Croix Rouge japonaise, soit aux organisations en France ci-dessous, qui transmettront les fonds sur place. En voici quelques exemples:

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# Olivier » 19-03-2011 14:08

Les médias veulent du spectaculaire, de l'immédiat. Aucun recul et une mémoire de poisson. On "zappe" de la Libye au Japon, c'est triste. Le grand truc du week-end, c'est l' "intervention" en Libye, autrement dit l'Occident qui montre au monde comme il est fort. C'est du spectacle. Et c'est indécent.

C'est vrai aussi qu'au delà d'un grand événement, deux grands maximum, plus rien n'existe. La Côte d'Ivoire est complètement oubliée. Et je ne parle même pas d'Haïti, toujours en ruine.

Quant au Japon, je comptais y aller très bientôt (tes photos m'en donnent très envie). C'est juste reporté.

(bon ouikène à tous les 4 ! biz)

Olivier
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