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Cévennes 1998: Camprieu - Dourbies

Samedi 2 mai 1998 : Camprieu - Dourbies

p2_camprieu_dourbies Après un rapide petit déjeuner, nous attaquons la randonnée dans la fraîcheur matinale et sous un ciel couvert. Nous montons quelque peu en altitude, et tout de suite, nous nous apercevons que la nature est très en retard par rapport à la vallée : les arbres n'ont pas encore de feuilles. Seuls quelques bourgeons font une timide apparition. Tous ces châtaigners nus forment un paysage gris sur un tapis doré composé des feuilles de la saison passée. L'air est assez frais mais idéal pour marcher. J'essaie d'imaginer l'enfer que cela doit être en plein mois d'août, sous le soleil brûlant (ah oui, le soleil peut être chaud, par ici ?)... Cela dit, le dénivelé pour cette première étape est peu important, et nous avançons tranquillement en savourant le calme de cette région. A certains endroits, peu exposés au soleil, subsistent encore quelques plaques de neige.

Un peu de grêle Au moment de manger, nous découvrons une couleuvre, à côté d'un rocher nous servant de table de fortune. Celle-ci, à peine sortie de son hibernation, semble-t-il d'après sa lenteur de réaction, prend tout son temps pour disparaître dans un trou. Du coup, nous nous poussons un peu plus loin pour finir notre déjeuner. Apparemment, il y a peu de monde, en cette saison. Nous croisons en effet peu de marcheurs : un groupe d'une dizaine de personnes en arrivant sur les crêtes dominant Dourbies, juste avant de ramasser une averse de grèle... (petite, d'accord, mais de grêle quand même). Arrivés relativement tôt à Dourbies, tout petit village, nous passons le reste de l'après midi dans un bar, un peu saoulés par tant d'air pur d'un seul coup ;-). Le soir venu, à l'auberge, nous prenons le repas au coin du feu. Celui-ci n'est pas de trop. L'établissement ouvre ces portes pour la première fois de la saison, et il fait quelque peu frisquet, après être resté plusieurs mois sans chauffage. D'autant plus que dehors, le temps est plutôt à la grisaille et à la pluie. Assommés par cette première journée, nous allons nous jeter sur les lits superposés, et nous sombrons tous dans un sommeil profond... Jusqu'au petit matin où le soleil fait enfin son apparition...

Dimanche 3 mai 1998 : Dourbies - L'Esperou

En quittant Dourbies Longue étape pour le deuxième jour : les guides indiquent entre 7 et 8 heures de marche... Les premières courbatures se font sentir lorsque nous remettons nos sacs sur les épaules. Il fait soleil et nous entamons la marche en passant dans des coins superbes ! Cette fois, on commence par la verdure, pour replonger rapidement à travers bois. Le chemin (le GR 66) est très large, du moins, sur une bonne partie, mais nous passons assez souvent dans des sentiers transformés en ruisseaux par les dernières pluies. Notre parcours de la journée peut se résumer ainsi : une succession de montées et descentes plus ou moins longues, mais jamais trop fortes. Et toujours ces châtaigners sans feuilles, qui donnent cet aspect étrangement grisâtre au paysage... Nous nous vautrons près d'un lac pour déjeuner. Le reste de l'après midi s'écoule paisiblement; la plupart du temps, nous marchons à l'ombre, sous les arbres. Et, de montées en descentes, nous nous rapprochons de L'Esperou.

Dourbies - L'Esperou Nous sommes tous un peu fatigués, lorsque nous nous préparons à entamer l'ultime montée de la journée, à 2 kilomètres de L'Esperou : nous arrivons à un torrent, au-dessus lequel aurait normalement dû se tenir une passerelle. Mais, point de passerelle en vue, sinon un reste de son pilier; celle-ci a été emportée à cause des fortes pluies récentes, comme nous l'apprendrons plus tard ! Nous cherchons désespérément une autre voie, en amont et en aval, mais sans succès. L'un d'entre nous décide de traverser avec ses chaussures aux pieds, et ressort trempé jusqu'à mi-mollet. Nous autres, (les 5 restant) nous posons les godasses, pour traverser pieds nus... Gloups ! L'eau était glacée ! Disons, 4/5 d° C (à vue de nez)...

Dourbies - L'Esperou En arrivant sur L'Esperou, nous apercevons le Mont Aigoual, une de nos futures étapes. Il a l'air enneigé, entre deux passages de nuages, le bougre ! Nous faisons la connaissance du propriétaire du gîte, un garde forestier : celui-ci, très chaleureux, nous parle de sa belle région, de son métier. Tout en nous servant un repas succulent, préparé par sa femme, un véritable cordon bleu. Il nous recommande un itinéraire pour le lendemain et le surlendemain, puisque nous avons prévu de revenir à L'Esperou pour ensuite repartir sur le Mont Aigoual. Le chemin qu'il nous indique nous fait repasser par le fameux torrent... hum hum... En observant le plan, nous nous rendons compte que nous pouvons contourner "l'obstacle" en suivant la route sur 1 ou 2 km... Alors... héhéhé ;-)

Complètement assommés par ce délicieux repas et la fatigue de la journée, nous tombons dans nos lits, après avoir tout de même profité de la chaleur du feu de cheminée allumé par notre hôte.