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Cévennes 1998: L'Esperou - Cap de Côte - L'Esperou

L'Esperou - Cap de Côte

Cascade d'Orgon Sous un vent à décorner les boeufs, et un ciel quelque peu nuageux, nous quittons L'Esperou en suivant les indications du garde forestier, sans toutefois repasser par le fameux torrent ;-) avec de bonnes courbatures : la marche de la veille nous a fait de l'effet. Sur une portion du parcours, par temps clair, sur le chemin dit "de la Méditerranée", il est possible, nous a-t-on dit, d'apercevoir... la Méditerranée. Il s'agit en effet d'une crête. Hélas pour nous, l'horizon était noyé dans la brume ce jour-là. Toujours plongés dans les bois, nous continuons notre marche, bercés par le souffle du vent. Au moment du déjeuner, nous arrivons au point clé de la journée, les cascades d'Orgon. La première est la plus imposante. Il est vrai qu'elle est impressionnante, vue de haut. La pente est très raide mais on se retrouve à l'abri du vent. Nous décidons de déjeuner en bas, à ses pieds...

Après une descente prudente, nous arrivons à un amas de rochers au milieu desquels le torrent passe, en prenant une petite pause avant de replonger plus bas. La cascade est encore plus impressionnante vue d'en bas : elle a l'air de ne jamais s'arrêter. Après avoir repris des forces au bord de l'eau, nous continuons notre chemin à flanc de montagne, à travers les châtaigniers bourgeonnants, sur un lit de feuilles mortes, en rencontrant à nouveau quelques cours d'eau dégringolant la montagne.

Feu de cheminée Le vent nous rappelle sa présence par de fortes bourrasques lorsque nous approchons du refuge. En fait, nous étions restés à l'abri du vent jusqu'à présent. C'est en changeant de vallée que les bourrasques ont failli nous emporter, juste avant d'arriver au refuge de Cap-de-Côte. Quelques centaines de mètres après, poussés par le vent, nous arrivons à la fin de notre étape. L'ensemble gîte-refuge est une vielle maison aux murs de pierre qui a été retapée. Le refuge est super sympa : propre, une énorme cheminée, deux petites fenêtres, des bougies... Et une énorme porte en bois qui laisse passer le vent... Les toilettes sont très pittoresques : situées en dehors du refuge, un peu plus haut, il s'agit d'une petite cabane sans porte, avec une vue impayable sur la vallée; à défaut de bouquin, l'observation du paysage permet de patienter :).

Lune et brouillard Nous passons environ deux heures pour nous approvisionner en bois. Faut dire aussi que ça réchauffe pas mal, ce genre d'activité. Tout autour de nous, il y a largement de quoi nous chauffer. La nuit commence à tomber lentement, et le vent ne faiblit pas. Les rares nuages défilent à toute vitesse, poussés par le vent. La lune (presque pleine) se cache derrière les arbres... Nous calfeutrons la porte tant bien que mal avec les ponchos et nous nous couchons rapidement. Malgré le feu, ou du moins les braises, et nos précautions pour éviter que le vent frais ne s'engouffre dans le refuge, la nuit fut froide dans les sacs de couchage...

Cap de Côte - L'Esperou

Cap de Côte - L'Esperou C'est mon anniversaire !! J'ai pris un an dans les dents... et je me suis gelé toute la nuit ! Génial ! En fait, je n'aurais pas dû garder la tête en dehors du sac, et ne pas dormir par terre, mais sur un des bancs le long des murs du refuge. Aussitôt réveillé, l'un d'entre nous rallume le feu et nous apprécions grandement sa chaleur. Après avoir savouré un bon et chaud petit déjeuner, nous reprenons la route. Le chemin que nous empruntons pour le retour est très très vert: nous nous retrouvons au milieu des sapins.

Cap de Côte - L'EsperouIl fait un temps magnifique. Le vent est toujours là, mais moins fort que la veille. Mais le soleil tape tout de même. Pour preuve, les six nez rouges sont de sortie :-). Nous avons hâte d'arriver pour récupérer de notre nuit passée "au frais". Un bon lit tout chaud, c'est ce qu'il nous faut !

Notre parcours est tout de même relativement ennuyeux sur les derniers kilomètres, puisque, pour éviter de traverser à nouveau le fameux torrent pieds nus, nous sommes obligés de longer la route, qui est peu fréquentée, heureusement.

Le soir, nous retrouvons avec grand plaisir le garde forestier et sa femme dans leur gîte d'étape, pour un nouveau repas pantagruélique, certes moins mérité que le premier au regard de la distance parcourue et des efforts fournis, mais tout aussi bon et apprécié ;-).